
Pendant des décennies, la relation entre un joueur et son jeu vidéo était d’une grande simplicité: on entrait dans un magasin, on achetait une boîte, on insérait le disque dans la console et le jeu nous appartenait. Cette époque semble tranquillement tirer à sa fin.
Alors que l’industrie se dirige de plus en plus vers le numérique, l’avenir du jeu physique devient incertain. Pour certains joueurs, ce changement n’est qu’une évolution logique. Les bibliothèques numériques sont pratiques, les téléchargements sont rapides et l’idée de changer constamment de disque appartient déjà au passé pour plusieurs.
Mais pour une partie de la communauté, la disparition possible du disque représente quelque chose de beaucoup plus grand: la disparition du sentiment de posséder réellement ses jeux.
Dans un futur où les consoles pourraient devenir entièrement numériques, une question autrefois impensable commence à apparaître: est-ce que le joueur console devrait simplement passer au PC?
Quand une console commence à ressembler à un PC fermé
La force historique d’une console a toujours été son accessibilité. On achète une machine, on achète un jeu et on joue. Pas besoin de réfléchir à la carte graphique, aux paramètres ou aux composants à changer. Par contre, cette simplicité venait aussi avec un autre avantage: la durabilité. Une PlayStation 2 sortie en 2000 peut encore aujourd’hui lire un jeu acheté il y a plus de vingt ans.
C’est là que le passage au numérique change la conversation. Si demain un joueur doit payer près de 1000$ pour une nouvelle console, acheter uniquement des jeux numériques et payer un abonnement pour accéder au jeu en ligne, la question mérite d’être posée: qu’est-ce qui différencie encore cette console d’un ordinateur verrouillé?
À ce moment-là, investir davantage dans un véritable PC commence à devenir une réflexion intéressante.
Le PC: plus cher aujourd’hui, mais plus libre demain?
Soyons honnêtes, le PC n’est pas la solution parfaite. Une bonne machine de jeu demande un investissement important. Pour quelqu’un qui veut une expérience haut de gamme capable de durer plusieurs années, la facture peut facilement dépasser celle d’une console. Toutefois, ce prix vient avec un avantage majeur: le contrôle.
Un PC n’est pas lié à une seule génération. Il n’y a pas de « fin de vie » officielle comme une console. Une pièce peut être changée, les performances peuvent évoluer et une bibliothèque de jeux peut traverser plusieurs décennies.
Le plus important est peut-être ailleurs: le joueur a davantage de choix sur la façon dont il achète ses jeux, parce que le problème n’est pas nécessairement le numérique. Le problème est le mauvais numérique.
Une plateforme comme GOG.com représente une alternative intéressante, puisqu’il permet de télécharger des jeux sans DRM (Digital Rights Management). C’est quoi? Ce sont des verrous électroniques intégrés à des œuvres numériques (livres, musique, films ou jeux). Leur but principal est d’empêcher la copie illégale en contrôlant précisément comment et sur quels appareils vous pouvez utiliser le contenu que vous avez payé. Alors, un site comme GOG.com permet de contourner ce phénomène et permet de véritablement posséder les jeux achetés.
Ce n’est pas un retour complet à la boîte physique, mais c’est probablement la version numérique qui respecte le plus l’idée de possession. Dans un monde sans disque, le PC pourrait ironiquement devenir le dernier endroit où certains joueurs sentent encore que leurs jeux leur appartiennent.
Les consoles ne sont pas mortes pour autant
Passer au PC ne sera évidemment pas la réponse pour tout le monde. Les consoles existent pour une raison: elles rendent le jeu vidéo simple. On s’installe sur le divan, on prend la manette et on joue. Pour des millions de personnes, cette expérience vaut plus que la liberté offerte par un ordinateur.
Il ne faut pas non plus oublier les générations actuelles et passées. Pour les collectionneurs, la solution pourrait être de préserver l’histoire déjà existante. Garder ses anciennes consoles, acheter les jeux physiques importants pendant qu’ils sont encore accessibles et construire une bibliothèque qui pourra survivre aux changements de l’industrie.
Les consoles comme la PlayStation 2, la Xbox 360 ou la PlayStation 4 pourraient devenir les témoins d’une époque où posséder un jeu était encore la norme.
Une question de philosophie plus que de plateforme
La prochaine grande guerre du jeu vidéo ne sera peut-être pas entre PlayStation, Xbox et PC. Elle sera entre deux visions différentes.
D’un côté, l’accès: une immense bibliothèque disponible instantanément, mais contrôlée par des services et des plateformes. De l’autre, la possession: moins pratique parfois, mais avec l’idée qu’un achat devrait rester entre les mains du joueur.
Alors, faut-il économiser plusieurs milliers de dollars pour construire un PC plutôt que d’acheter la prochaine génération de consoles?
Pour le joueur occasionnel, probablement pas, mais pour celui qui voit ses jeux comme une collection, comme des souvenirs et comme quelque chose à transmettre dans plusieurs années, la question mérite d’être posée.
La mort du disque ne signifie pas forcément la mort de la possession, mais elle forcera peut-être les joueurs à chercher ailleurs pour la protéger.
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