
Depuis des années, le mois de juillet représente l’espoir d’un nouveau départ pour les partisans des Canadiens de Montréal. L’ouverture du marché des joueurs autonomes est souvent synonyme de grandes attentes, de rumeurs interminables et parfois même d’une recherche désespérée pour trouver le joueur capable de transformer le visage de l’organisation.
Cet été, le plus gros mouvement du Tricolore n’est pas venu de l’extérieur. Il est venu de l’intérieur. Avec les prolongations de contrat accordées à Ivan Demidov et Jakub Dobeš, le message de la direction semble clair: avant d’ajouter de nouvelles pièces à la maison, il faut s’assurer que les fondations sont solides. Pour être honnête, cette approche est probablement la bonne.
Depuis l’arrivée de Kent Hughes et Jeff Gorton à la tête de l’organisation, le Canadien tente de faire ce qui a trop souvent été évité dans le passé: construire avec patience. Pendant plusieurs années, Montréal a tenté de réparer rapidement ses problèmes au lieu de bâtir une véritable identité durable. On a colmaté des brèches sans jamais réellement s’améliorer. Aujourd’hui, le portrait est différent.
Nick Suzuki est devenu le capitaine et le premier centre que l’équipe cherchait depuis longtemps. Cole Caufield s’impose comme l’un des marqueurs naturels de cette formation. Juraj Slafkovský continue sa progression. Lane Hutson représente l’avenir à la ligne bleue. Ivan Demidov apporte un potentiel offensif rarement vu à Montréal depuis plusieurs années.
Pour une fois, le Canadien n’est pas à la recherche d’un noyau. Il en possède un. C’est exactement pourquoi la patience de la direction durant l’été peut se défendre.
Le marché des joueurs autonomes est dangereux. Très dangereux. Plusieurs équipes tombent chaque année dans le même piège: payer un joueur pour ce qu’il a accompli dans le passé plutôt que pour ce qu’il pourra réellement apporter dans le futur. Les contrats trop longs et trop coûteux peuvent rapidement transformer une solution à court terme en problème à long terme.
Le Canadien n’a pas traversé plusieurs saisons difficiles simplement pour compromettre son avenir au premier signe d’amélioration.
Par contre, il existe également un autre côté à cette réflexion. La patience est une qualité essentielle dans une reconstruction. Cependant, elle ne doit jamais devenir une excuse pour rester immobile. Tranquillement, le Canadien n’est plus cette jeune équipe qui attend son futur. Le futur commence à arriver.
Et lorsque des joueurs comme Suzuki, Caufield, Slafkovský, Hutson et Demidov sont prêts à prendre des responsabilités importantes, l’organisation doit aussi leur donner les outils nécessaires pour franchir une nouvelle étape. C’est ici que le besoin devient évident: Montréal doit trouver un autre centre capable d’évoluer dans le top 6.
Pas nécessairement une superstar. Pas nécessairement un nom spectaculaire qui fera exploser les réseaux sociaux. Simplement un joueur capable de stabiliser l’attaque et d’amener une deuxième menace constante derrière Suzuki en attendant le jeune Michael Hage.
Depuis trop longtemps, le Canadien demande énormément à son capitaine. Suzuki a répondu présent soir après soir, mais les grandes équipes ne reposent pas seulement sur un trio. Elles possèdent de la profondeur. Elles peuvent attaquer de plusieurs façons.
L’arrivée éventuelle d’un véritable deuxième centre pourrait aussi être déterminante dans le développement de Demidov. Un talent offensif aussi spécial doit être placé dans un environnement où il pourra maximiser son potentiel.
Ce n’est pas une question d’accélérer la reconstruction. C’est une question d’accompagner sa progression. Kent Hughes n’a pas besoin de sacrifier l’avenir pour améliorer le présent. Il n’a pas besoin de vider sa banque d’espoirs ni de faire une transaction simplement pour dire qu’il a bougé, mais il doit rester attentif.
À un certain moment, une organisation doit passer de « reconstruire pour gagner plus tard » à « apprendre à gagner maintenant ». La patience a permis au Canadien de Montréal de bâtir quelque chose de prometteur. Elle a donné à l’équipe une identité, un noyau et une direction claire. Maintenant, le défi sera différent.
Il faudra conserver cette patience… tout en ayant le courage de reconnaître le moment où il sera temps d’avancer (si ce moment n’est pas déjà arrivé).
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