Brendan Gallagher : l’âme des Canadiens quitte Montréal

Brendan Gallagher en Finale de la Coupe Stanley 2021 – Source photo: Yahoo Sports

Il y a des joueurs qui marquent une organisation par leurs statistiques. D’autres la marquent par leur simple présence. Brendan Gallagher appartient sans aucun doute à cette deuxième catégorie.

Son échange vers les Canucks de Vancouver met un terme à une aventure de quatorze saisons avec le chandail bleu-blanc-rouge. Une transaction qui semblait inévitable depuis plusieurs mois. Les Canadiens poursuivent leur transition vers une nouvelle génération, tandis que Gallagher avait besoin d’un nouveau défi dans une ville où il a été le chouchou durant ses quatre années juniors. Les deux parties y trouvent leur compte. Pourtant, même lorsqu’une décision est logique, elle peut laisser un vide immense.

Parce qu’au-delà des buts, des mises en échec et des statistiques, Montréal vient de perdre une partie de son identité.

Pendant des années, Brendan Gallagher a été le reflet parfait de ce que les partisans des Canadiens aiment voir sur la glace: un joueur qui ne reculait devant personne. Il n’était ni le plus grand, ni le plus rapide, ni le plus talentueux. Pourtant, soir après soir, il affrontait des défenseurs de six pieds quatre, encaissait les coups devant le filet et revenait au banc avec le même sourire, prêt à recommencer son prochain quart de travail.

Dans une époque où plusieurs vedettes évitent les contacts inutiles afin de préserver leur santé, Gallagher faisait exactement le contraire. Il acceptait de payer le prix pour créer des occasions de marquer. Son corps est devenu le témoignage vivant de cette façon de jouer. C’est justement ce que Montréal a perdu.

On remplacera peut-être sa production offensive. On trouvera éventuellement un ailier capable d’inscrire une quinzaine ou une vingtaine de buts. Mais remplacer une mentalité est beaucoup plus difficile.

Dans un vestiaire composé d’une jeune génération menée par Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovský et Ivan Demidov, Gallagher représentait le rappel quotidien de ce que signifie porter le chandail des Canadiens. Il incarnait l’effort maximal, peu importe le pointage, le classement ou son rôle dans l’alignement.

Les jeunes n’apprennent pas uniquement des entraîneurs. Ils apprennent en observant les vétérans arriver les premiers à l’aréna, accepter les douleurs, ne jamais se plaindre publiquement et demeurer professionnels lorsque leur temps de glace diminue. Gallagher faisait tout ça.

Bien sûr, son contrat pesait lourd sur la masse salariale. Son rôle offensif diminuait d’année en année. À 34 ans, il ne faisait plus partie du noyau qui mènera probablement les Canadiens à une future conquête de la Coupe Stanley. Kent Hughes devait tourner la page tôt ou tard, surtout avec plusieurs jeunes joueurs qui frapperont bientôt à la porte et de nouvelles signatures importantes à préparer. Le fait que Montréal ait retenu 50 % de son salaire démontre d’ailleurs que l’objectif principal était davantage de lui offrir une nouvelle opportunité que de maximiser le retour.

Mais si cette transaction est une victoire sur le plan de la gestion, elle représente aussi une perte culturelle. Depuis quelques saisons, on parle souvent de la « culture » instaurée chez les Canadiens. Cette culture ne s’est pas construite uniquement grâce aux victoires. Elle s’est aussi bâtie grâce à des joueurs comme Brendan Gallagher.

Des joueurs qui n’acceptaient jamais de tricher sur la glace.

Des joueurs qui comprenaient que le logo à l’avant du chandail est plus important que le nom inscrit derrière.

Les partisans se souviendront évidemment de ses buts, de ses célébrations, de ses combats devant le filet et de son incroyable parcours, lui qui n’était qu’un choix de cinquième ronde devenu l’un des visages de la concession.

Je crois que son véritable héritage est ailleurs. Brendan Gallagher aura rappelé à toute une génération qu’on peut devenir un joueur indispensable sans être un joueur exceptionnellement talentueux. À force de courage, de constance et de caractère, il est devenu bien plus qu’un simple ailier de soutien: il est devenu une référence.

Les Canadiens concluront éventuellement leur reconstruction avec raison, mais il ne faudra jamais oublier que plusieurs des jeunes leaders qui guideront cette équipe demain ont appris ce que signifiait être un Canadien… en regardant Brendan Gallagher jouer.

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Réponses

  1. Avatar de supernaturallyalpacaa866b64d96

    Quel bel article à lire et tellement vrai ! 🙌

    Aimé par 1 personne

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