
Pendant des semaines, les partisans des Canadiens de Montréal ont retenu leur souffle. Les rumeurs se multipliaient, les transactions s’enchaînaient partout dans la LNH et plusieurs s’attendaient à voir Kent Hughes frapper un grand coup. Finalement, le directeur général a bien bougé… mais à sa manière.
En échangeant le 28e choix et un choix de troisième ronde en 2027 pour avancer au 26e rang, Hughes est allé chercher un joueur qu’il ne voulait manifestement pas voir lui filer entre les doigts: Gleb Pugachyov.
« Il joue comme s’il pesait 250 livres » -Kent Hughes
À première vue, certains pourraient être déçus. Les Canadiens avaient un besoin évident d’ajouter du talent capable d’aider rapidement l’équipe. Or, Pugachyov ne répond pas à cette attente. L’imposant ailier russe est encore sous contrat en Russie pour les deux prochaines saisons, ce qui signifie qu’il ne viendra pas régler les besoins immédiats du Tricolore: un joueur de centre de deuxième trio, un ailier de deuxième trio et un défenseur droitier.
Par contre, c’est justement là que se trouve la philosophie de Kent Hughes. Depuis son arrivée à Montréal, le DG refuse de sacrifier le futur pour satisfaire l’impatience du présent. Oui, il est agressif lorsqu’une opportunité se présente. Oui, il a déjà surpris tout le monde avec des transactions audacieuses, mais jamais au prix de compromettre le plan établi.
Pendant que plusieurs directeurs généraux échangeaient des choix et des espoirs afin d’améliorer leur équipe dès maintenant, Hughes est resté fidèle à son identité. Il n’a pas cédé à la pression populaire. Il a plutôt investi dans un joueur qui possède un profil différent de la majorité des espoirs de l’organisation.
À 6 pieds 3 pouces et plus de 220 livres, Pugachyov n’est pas le genre d’attaquant qui accumulera nécessairement 90 points par saison. Son impact se mesure autrement. C’est un ailier de puissance qui patine étonnamment bien pour son gabarit, distribue de solides mises en échec, gagne ses batailles le long des rampes et dérange constamment l’adversaire. Il joue avec une intensité qui devient de plus en plus rare dans la LNH moderne.
Le Canadien possède déjà plusieurs jeunes joueurs offensifs prometteurs. Ivan Demidov, par exemple, représente un talent créatif exceptionnel. Pugachyov, lui, apporte une dimension complètement différente : celle d’un joueur capable d’imposer le respect physiquement, de protéger ses coéquipiers et de compliquer la vie des meilleurs défenseurs adverses soir après soir.
Bien sûr, il faudra attendre.
Deux ans, possiblement davantage, avant de le voir enfiler le chandail bleu-blanc-rouge.
Dans une ville où chaque été est accompagné d’une impatience presque incontrôlable, cette attente sera difficile pour plusieurs partisans. Pourtant, reconstruire une équipe aspirante ne consiste pas uniquement à gagner la prochaine transaction. Il faut aussi penser à ce que sera le club dans trois, quatre ou cinq ans. C’est exactement ce qu’a fait Kent Hughes.
Alors que les rumeurs continueront de circuler tout au long de l’été, le directeur général semble envoyer un message clair: il ne fera pas une transaction simplement pour calmer l’impatience. Si le bon joueur devient disponible, il sera prêt. Sinon, il continuera de bâtir méthodiquement une organisation capable de connaître du succès pendant longtemps.
Le choix de Gleb Pugachyov ne fera peut-être pas les manchettes pendant des semaines, mais si, dans quelques années, le Canadien possède enfin cet ailier de puissance capable de changer l’allure d’un match par son intensité, sa robustesse et sa présence devant le filet, on regardera peut-être ce repêchage avec un tout autre regard.
Parce qu’au final, la plus grande qualité de Kent Hughes n’est peut-être pas son audace: c’est sa patience…
N’hésitez pas à me partager votre opinion dans la rubrique des commentaires et de vous abonner à mon infolettre pour ne pas manquer mes prochains articles!
Laisser un commentaire